FORUM BLOG

Qu’est-ce que le SOMP et pourquoi le SOPK est remplacé par le SOMP

Qu’est-ce que le SOMP et pourquoi le SOPK est remplacé par le SOMP

En quoi consiste le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP)

Le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP) est le nouveau nom de ce qui, jusqu’à récemment, était connu sous le nom de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce changement a été établi à travers un consensus mondial publié le 6 juin 2026 dans la revue The Lancet (1). Ce vaste travail a combiné des enquêtes menées à l’échelle mondiale, des évaluations terminologiques et une étroite collaboration avec les groupes de patientes concernées. L’objectif de ce changement terminologique est de refléter avec précision la complexité organique de cette affection, en contribuant à garantir des diagnostics précis et des traitements efficaces.

Pourquoi passer du SOPK au SOMP ?

Le terme SOPK entraînait une grande confusion sur le plan diagnostique. De nombreuses femmes étaient diagnostiquées à tort simplement en raison de la présence de follicules multiples à l’échographie, tandis que d’autres souffraient du syndrome sans présenter de « kystes ». Ces prétendus « kystes » sont en réalité des follicules normaux qui ont cessé de se développer en raison de déséquilibres hormonaux.

Ce changement de terminologie répond à la nécessité de représenter fidèlement cette affection et d’améliorer à la fois le diagnostic et le traitement qui en découle.

Symptômes du SOMP

Comme son nom l’indique, ce trouble entraîne des changements métaboliques et hormonaux, qui peuvent se manifester par :

  • Troubles menstruels et anovulation : Cela se traduit par des intervalles plus longs entre les règles, voire par leur absence (aménorrhée).
  • Excès d’androgènes ou hyperandrogénie : L’augmentation des hormones masculines provoque de l’acné (due à une production accrue de sébum), de l’hirsutisme (pousse excessive de poils sur le visage et le corps) et, parfois, une alopécie androgénique (perte de cheveux de type masculin).
  • Résistance à l’insuline et facteurs métaboliques : Dans ce syndrome métabolique, l’organisme féminin n’utilise pas l’insuline de manière efficace, ce qui entraîne une prise de poids et une obésité abdominale. De plus, jusqu’à 80 % des femmes atteintes de cette affection peuvent présenter une résistance à l’insuline, ce qui augmente le risque de développer un diabète de type 2.
  • Ovaires polykystiques à l’échographie : Il est important de comprendre que de nombreuses femmes diagnostiquées avec un SOMP peuvent ne pas avoir d’ovaires polykystiques, et que toutes les femmes présentant cet aspect échographique n’ont pas de SOMP. Pour confirmer le diagnostic, d’autres critères biochimiques et cliniques doivent également être présents.

Le SOMP peut-il affecter la fertilité ?

Le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien est l’une des causes les plus fréquentes de difficulté à concevoir chez de nombreuses femmes.

Les cycles irréguliers rendent difficile la détermination du moment exact de l’ovulation, et de nombreuses femmes dans cette situation peuvent ne pas ovuler du tout (anovulation), ce qui rend très difficile la fécondation puis la grossesse.

La résistance à l’insuline et l’augmentation des hormones masculines, entre autres changements métaboliques, peuvent affecter la qualité des ovocytes et altérer leur fonction.

En ce qui concerne l’implantation, il est essentiel que l’endomètre maintienne une réceptivité adéquate. Les cycles irréguliers et les troubles hormonaux peuvent affecter cet aspect.

Bien que les altérations liées au SOMP augmentent la difficulté à concevoir, un diagnostic précoce et un traitement personnalisé réduisent considérablement cet obstacle.

Comment diagnostique-t-on le SOMP ?

Pour établir le diagnostic de SOMP, au moins deux des trois critères suivants doivent être réunis :

  • Hyperandrogénie : Mise en évidence par un profil hormonal altéré présentant des taux élevés d’hormones masculines, ou cliniquement par une chute de cheveux, une acné sévère et de l’hirsutisme.
  • Dysfonctionnement ovarien : Cycles menstruels irréguliers, règles peu fréquentes (oligoménorrhée), voire absence de saignement menstruel (aménorrhée).
  • Morphologie ovarienne polykystique ou hormone antimüllerienne (AMH) élevée : Les « ovaires polykystiques » ne sont pas, à proprement parler, des ovaires porteurs de kystes ; en réalité, ces « kystes » ne sont rien d’autre que des follicules dont le développement s’est arrêté en raison d’un déséquilibre hormonal.

Par ailleurs, la confirmation du diagnostic requiert d’exclure toute autre affection présentant des symptômes similaires et d’établir clairement le diagnostic différentiel avec :

  • Les troubles thyroïdiens (hypothyroïdie)
  • L’hyperplasie surrénalienne
  • L’hyperprolactinémie
  • Le syndrome de Cushing
  • Les tumeurs sécrétant des androgènes

Traitement du SOMP

Le traitement du syndrome ovarien métabolique polyendocrinien nécessite une approche personnalisée et pluridisciplinaire impliquant des spécialistes en endocrinologie, gynécologie, nutrition, médecine du sommeil et psychologie.

Le traitement du SOMP repose sur la modification des habitudes de vie, l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, la régulation du cycle menstruel, la réduction des androgènes et, si souhaité, l’obtention d’une grossesse.

  • Changements du mode de vie. C’est le pilier fondamental du traitement, notamment en ce qui concerne l’activité physique et l’alimentation. La perte de poids améliore significativement le profil métabolique et hormonal.
  • Traitement pharmacologique :

Si, malgré les changements de mode de vie, les symptômes persistent, des contraceptifs oraux sont utilisés pour réguler les cycles menstruels. Par ailleurs, pour son effet antiandrogénique, si cela ne suffit pas, la spironolactone permet de bloquer les effets androgéniques.

  • La metformine ou les analogues du GLP-1 peuvent être utilisés pour traiter les symptômes métaboliques, comme l’amélioration de la sensibilité à l’insuline. Ces médicaments contribuent à gérer globalement le métabolisme et à réduire le poids chez les personnes en situation d’obésité et de troubles glycémiques. Pour celles qui souhaitent une grossesse, des inducteurs de l’ovulation tels que les gonadotrophines, le clomifène ou le létrozole peuvent être utilisés.
  • Suivi métabolique à long terme : Toujours avec un suivi préalable et des contrôles réguliers par le spécialiste.

Questions fréquentes

Puis-je tomber enceinte avec un diagnostic de SOMP ?

Au moins 60 % des patientes diagnostiquées avec un SOMP peuvent obtenir une grossesse spontanée. Dans le cas contraire, un professionnel qualifié devrait évaluer la situation et personnaliser le traitement approprié.

Comment savoir si j’ai un SOMP ou simplement des kystes ?

Le diagnostic par imagerie des « ovaires polykystiques » se fait par échographie, tandis que le SOMP est une affection systémique qui inclut les « ovaires polykystiques », des troubles métaboliques et des déséquilibres hormonaux. Pour les distinguer, votre gynécologue devra réaliser les examens nécessaires et établir un diagnostic différentiel approprié.

Que se passe-t-il si le SOMP n’est pas traité ?

Sans traitement approprié du SOMP, de graves problèmes métaboliques peuvent apparaître, tels que l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, un risque accru d’infarctus et un risque cardiovasculaire plus élevé lié à l’augmentation du cholestérol. En l’absence de cycles menstruels normaux, l’endomètre peut s’épaissir de manière chronique, ce qui peut augmenter, avec le temps, le risque de cancer de l’endomètre. Il existe également un risque plus élevé d’infertilité et une plus grande probabilité de complications liées à la grossesse, telles que le diabète gestationnel, les fausses couches ou la prééclampsie. Enfin, la santé mentale peut également en pâtir, avec un risque accru d’anxiété et de dépression chroniques.

Que dois-je éviter de manger si j’ai un SOMP ?

L’objectif du régime alimentaire pour une femme atteinte de SOMP est de contrôler les pics glycémiques causés par la résistance à l’insuline et de suivre un modèle alimentaire anti-inflammatoire. Pour cela, il est important de réduire la consommation de :

  • Sucres totaux : Supprimez les sodas, les jus industriels, les sucreries et les pâtisseries.
  • Farines blanches raffinées : Remplacez le riz blanc, les pâtes et le pain par leurs équivalents complets.
  • Aliments frits et ultratransformés : Évitez les charcuteries de mauvaise qualité, les frites et la restauration rapide.
  • Alcool : Réduisez-le autant que possible, car il perturbe les hormones et le foie.
  • Produits laitiers : Si vous souffrez d’acné sévère, réduisez le lait de vache et privilégiez le kéfir ou le yaourt grec.

Il est important de consommer des aliments authentiques (légumes, protéines de qualité et bonnes graisses) et d’éviter les produits industriels dont les étiquettes regorgent d’ingrédients chimiques.

1. Teede H. et al. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus process. The Lancet, 2026; 407, 2329-2339

Dr. Carlos Alvarado. Coordinateur médical de l’Instituto Bernabeu Cartagena.

Autres liens utiles : Calculateur des jours féconds

Parlons

Nous vous conseillons sans engagement