Quels sont les besoins nutritionnels des embryons avant leur transfert à la mère? - Instituto Bernabeu

Dans les processus de fécondation in vitro, les embryons humains doivent se développer pendant les premiers jours de la vie en dehors de la mère, dans des incubateurs spécifiques. Les conditions de température et de pH doivent être optimales et les embryons doivent également disposer de tous les composés nécessaires à leur alimentation, et ainsi répondre à tous leurs besoins énergétiques. Pour cela, on utilice des milieux de culture.

Les premiers milieux de culture ont été utilisés expérimentalement dans des embryons de souris au milieu du siècle dernier. C’étaient de simples milieux aqueux, définis chimiquement, et pouvaient donc être reproduits et fabriqués dans n’importe quel laboratoire. Il faudra attendre 1984 pour que Yves Menezo conçoive un milieu spécifique pour les embryons humains, le milieu B2. Sa particularité était qu’il était complété par des acides aminés de l’albumine sérique. De nombreuses études menées sur des animaux de laboratoire ont abouti en 1997 au développement de milieux spécifiques ou séquentiels. Ils contenaient du pyruvate et du glucose comme sources d’énergie et permettaient le développement des embryons jusqu’à la phase blastocyste (cinquième / sixième jour de développement embryonnaire).

Comment un milieu de culture embryonnaire est conçu?

En plus de l’eau (60% de la composition), il faut d’abord sélectionner un nombre défini de composés qui sont principalement des composants communs à tous les fluides corporels. Certains sont spécifiques au liquide de l’oviducte et de l’utérus. D’autres sont des composés chimiques que l’on ne trouve pas naturellement. Deuxièmement, la concentration spécifique de chacun d’eux doit être déterminée. Actuellement, les milieux de culture sont définis comme complexes, car ils ont plus de 12 composants dans leur composition. Bien que la base de tous soient des solutions salines standard et bien connues, telles que la solution équilibrée d’Earle ou le bicarbonate de Krebs-Ringer.

Outre le pyruvate et le glucose comme sources d’énergie, l’introduction d’acides aminés (essentiels et non essentiels) a été la clé du bien-être et du développement optimal des embryons. Cela est dû aux multiples fonctions que les acides aminés présentent dans le milieu de culture. Ils sont une source d’énergie, de précurseurs biosynthétiques, de tampons de pH intracellulaires et de chélateurs de métaux lourds.

Bien que les composants mentionnés ci-dessus couvrent les besoins nutritionnels des embryons humains, l’ajout de vitamines est également courant. Par exemple C, E, B2, B5 ou B6, qui interviennent du fait de leur fonction antioxydante, empêchant et / ou réduisant la production de radicaux libres. Enfin, l’utilisation d’antibiotiques tels que la gentamicine ou la streptomycine est importante et ils sont inclus dans la composition de tout milieu de culture, afin d’éviter la croissance de contaminants.

Les milieux de culture doivent suivre des contrôles de qualité exhaustifs au cours de leur processus de fabrication. Les tests d’endotoxines, les mesures d’osmolarité, les tests antérieurs utilisant des embryons de souris (test d’embryons de souris, MEA) ainsi que le certificat final de stérilité sont obligatoires. De plus, la conservation, entre 2 et 8⁰C, et le maintien de la chaîne du froid jusqu’au moment de l’utilisation, sont essentiels pour  en garantir les propriétés.

Dr. Jorge Ten, directeur de l’unité d’embryologie de l’Instituto Bernabeu

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